Ultimate Terra Nova



Auteur : ABOUBAKRI SAO

L’histoire : En 2035, le monde entre dans une nouvelle ère. La troisième guerre mondiale a fait des ravages considérables, provoquant le chaos sur la planète. Pour rétablir l’ordre, des clans apparaissent dans divers endroits du monde. La plupart de leurs membres possèdent un Néo Cerveau leur conférant des aptitudes spectaculaires.

Membre du clan Terra Nova, Kadaj, Électromancien, voit sa vie basculer le jour où il rencontre Ragnarök, une milice extrêmement dangereuse. Cette organisation recherche activement Atlas, le chef des Terra Nova. De plus, le gouvernement, qui considère les clans comme illégaux, veut à tout prix mettre la main sur un cyborg que posséderaient les Terra Nova.

Quelles sont les origines du Néo Cerveau ? Pourquoi un cyborg attise-t-il la convoitise du gouvernement ? Et d’où provient cette pierre qui permet à son détenteur de bénéficier de pouvoirs extraordinaires ? La nuit succède au jour, les réponses succèdent aux questions… ces événements vont bouleverser à tout jamais la vie de Kadaj.

Extrait :
Le laboratoire était aussi spacieux que le hall. Aucune pièce ne semblait de taille normale dans cet immeuble. De fines plaques en acier recouvraient les murs. À quelques mètres de l’entrée, de gigantesques ordinateurs encombraient un vaste bureau en arc de cercle. Un chaos indéfinissable envahissait la moitié de la salle. Des débris de pierre et de métal jonchaient le sol.

– J’ai la désagréable sensation que plus je viens ici et plus c’est le foutoir, lança Saga. Tu pourrais au moins faire l’effort de ranger, Sham’s. 
– Et toi, plus tu viens ici, plus je me retiens de te casser les dents, répliqua Sham’s, assis devant le plus petit des terminaux.


Mon avis :
Qualifié de « roman manga », cette histoire en reprend effectivement les codes classiques : rapports entre les personnages (sensei, senpai, etc.), camaraderie et trahison entre jeunes adultes pleins de fougue, énormément de scènes d’actions très visuelles à l’aide de pouvoirs surnaturels et de noms d’attaques.

L’imagination de l’auteur est riche, le rythme est rapide laissant peu de place aux temps morts, avec une accélération sur la fin où les lieux et les combats s’enchaînent. Ce dernier point m’a d’ailleurs un peu lassée (trop d’actions finit par perdre en intérêt), sans doute accentué par le fait que beaucoup d’informations sont brutalement données, mais un flou persiste sur pas mal de choses. J’ai eu un peu de mal à comprendre le lien entre différents évènements. Peut-être que le tome suivant permettra d’y voir plus clair ?
Je trouve que certains points secondaires pourraient être plus développés, afin d’améliorer l’immersion du lecteur dans cet univers (par exemple la touche de romance qui semble surgir de nulle part m’a laissée un peu perplexe, mais pour ceux qui préfèrent l’action ce sera sans doute un point positif).

Au final une lecture divertissante dans une ambiance d’anime. Une histoire qui gagnerait à être « vue » plutôt que « lue ».
 

Ce roman fait partie des finalistes du Prix des Auteurs Inconnus 2020, Catégorie Imaginaire.
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Tous les matins elle boitait

Auteur : MÉLINDA SCHILGE

L’histoire : Paris, années folles. Jeanne n’est pas une jeune femme comme les autres. Elle aime les automobiles et autres mécaniques du moment, le cinéma, cet art mineur qui perce encore difficilement – alors que son père est peintre. Une fois en âge de se marier, elle s’intéresse peu aux hommes contrairement à ses amies et en vient à se demander si elle saura aimer. De plus, elle vient de se découvrir une famille en Alsace qui parle une langue que l’on pourrait confondre avec de l’allemand, alors que cette région est censée être heureuse de retourner dans le giron français.

Touchée par les violences extrémistes de l’entre-deux-guerres, comment va-t-elle concilier ses balbutiements dans une vie conjugale avec des convictions qui la mettent en porte à faux avec sa famille, et sa mère en particulier ?

Extrait : À toi je peux le dire : je voudrais aimer mes racines françaises et mes coutumes alsaciennes, sans avoir à rejeter tous les Allemands. J’ai la fenêtre grande ouverte et les gouttes tapotent le Suffel en contrebas. Je voudrais qu’elles m’emmènent jusqu’à la ville. Il me semble que les gens d’esprit, ceux de l’université, échappent à ces dilemmes. Leurs idées s’envolent au lieu de s’enterrer dans nos campagnes. Mais qui tiendrait la maison quand ma mère travaille à la poste ? Et surtout comment trouver un bon parti dans un univers où je ne serai qu’une étrangère ?  


Mon avis : Un roman au style narratif oscillant entre « tranche de vie » et « journal intime », l’accent est surtout mis sur des moments particuliers, avec des périodes plus ou moins ellipsées. Le début semble un peu décousu, ensuite les choses s’installent et l’on rentre davantage dans l’histoire. La plume est fluide, plutôt soignée, et laisse la première place aux émotions.
Il existe une forme de mélodie dans les mots (avec quelques phrases assez poétiques), le rythme est un peu berçant sans pour autant être ennuyeux. L’auteure semble s’être bien documentée, j’ai été surprise de voir la politique de l’époque être aussi détaillée sans que cela n’arrête la lecture.
Au final les années de guerre n’occupent pas la plus longue partie du récit, on est surtout dans les évènements d’avant, puis d’après. Le fait de centrer sur une famille permet de rester ancré dans l’histoire. 
La fin m’a laissée un peu détachée. Pour moi, l’histoire s’est terminée au moment où l’on est revenu en 1968. La suite je l’ai ressentie comme une annexe (ce n’est pas péjoratif), j’étais moins impliquée dans l’ambiance.


Cette lecture m’a permis de voir une époque que je connais mal sous un angle différent, avec une plume agréable et un style un peu inhabituel. Ce fut une expérience intéressante, même s’il y a des subtilités qui m’ont sans doute échappé.

Community



Auteur : LUNA JOICE

L’histoire : 3006. La Terre a été pacifiée grâce à Community, une technologie révolutionnaire qui permet à l’homme de communiquer par télépathie. L’égoïsme mis de côté au profit de la collectivité, conflits et inégalités appartiennent désormais au passé. Passionnée par les étoiles, Lyah est une jeune femme dotée d’une profonde soif de connaissances, qui la pousse à se poser beaucoup de questions sur le monde qui l’entoure. Bien plus que tous ceux qu’elle connaît… Pourquoi les humains ont-ils désormais interdiction de se toucher ? Pourquoi ne peut-elle pas choisir elle-même sa future Assignation ? Et pourquoi certaines bases de données lui sont-elles inaccessibles ? Tandis qu’elle exhume secret après secret sur la société aseptisée dans laquelle elle vit, une interrogation grandit dans son esprit. Pour Community, à quoi l’humanité a-t-elle renoncé ?

Extrait :
Isaak paraît étonné mais ne refuse pas. J’en profite pour discuter avec lui de son nouveau travail en tant que Cultivateur. Il me détaille sa journée, et cela me soulage un peu qu’il y mette tant de passion : je tiens à éviter qu’il ne rebrousse chemin sans moi pour aller déterrer ce que j’ai enfoui… Je réponds le strict minimum pour entretenir la conversation, mon esprit revivant en boucle ce qui vient de se passer. Mon ami n’a rien entendu, mais moi, si. J’ai crié. Il m’ a effrayée, et j’ai hurlé. Cela ne m’était jamais arrivé.
Je comprends ce que disait Athia à mon réveil au sujet de mes sens. Ils sont décuplés, au delà même de ce que j’imaginais possible. Si la parole m’est désormais accessible, quels autres secrets recèle Community 2.0 ?



Mon avis :
Une plume addictive, un univers futuriste travaillé : j’ai beaucoup apprécié le soin apporté dans les détails du quotidien. Les pages s’enchaînent, on découvre peu à peu les dessous de cette nouvelle humanité télépathique « unie », ainsi que les failles du sytème créé par Community. J’ai plongé rapidement dans l’ambiance.
J’ai juste un léger regret pour la fin qui, pour moi, s’emballe en un virage sec, et rompt un peu le rythme de base de l’intrigue, même si le fil directeur tient la route. Malgré ce cap, cela reste un très bon moment de lecture.
Ce roman a reçu le Prix Bernard Werber 2020, ayant lu pas mal de livres de cet auteur j’y ai retrouvé des thématiques communes, même si certaines sont abordées sous un autre angle.

Si l’humanité entière pouvait communiquer par la pensée, quel sentier prendrions-nous ?