Terre Noyée : Les Veilleurs (tome 2)

Auteur : ILÉANA MÉTIVIER

L’histoire : Grâce à ses amis, Annaëlle a réussi de justesse à échapper aux membres de l’Élite. Mais comment se cacher sur une île ? Séparés, ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne soient dénoncés. Au bout du chemin, la mort rôde. Jouant le tout pour le tout, ils décident de dévoiler certains secrets de l’Élite aux Capitalians.
Lorsqu’une ancienne connaissance devient une lueur d’espoir, Annaëlle est un pont fragile entre deux mondes. Au moment où le système s’apprête à basculer, un doute grandit : et si Capitalia n’était pas le dernier îlot de l’humanité ?


Extrait : Mon pied buta sur quelque chose et je m’allongeai de tout mon long. Ma poitrine, puis mon menton encaissèrent le choc, amorti par un tapis de feuilles mortes. Incapable de reprendre mon souffle et étourdie, je restai étalée plusieurs secondes. Assez pour que les feuilles, soulevées par de fines pousses, commencent à me recouvrir. La fée oeuvrait.
Un coup d’oeil derrière moi me permit de voir le toit de la vieille bâtisse. J’étais près. Désespérément trop près de mes ennemis. Comme pour me donner raison, la porte d’entrée claqua. Je m’aplatis le plus possible, plongeai mes mains entre les couches d’humus jusqu’à toucher des racines, puis enfouis mon visage pour me laisser engloutir par les feuilles mortes.
 


Mon avis : J’ai bien aimé retrouver cet univers particulier, et en découvrir plus sur Capitalia. Des personnages secondaires sortent de l’ombre, d’autres se dévoilent sous un nouveau jour (avec une préférence pour Zéa 😉 ). Le rythme est assez dense, les évènements s’enchaînent sans pour autant gêner la plume qui reste fluide.
De même que pour le premier tome, je suis surtout attirée par l’intrigue et l’ambiance dystopie-écologie-fantasy. Si la romance ne m’a pas dérangée, elle plaira sûrement davantage à ceux qui aiment le Young Adult.
La fin est frustrante, clôturant un chapitre riche en actions, je me pose forcément plein de questions sur le prochain tome.
Ce deuxième tome a été un bon moment de lecture, je craignais que cela ne finisse par tourner en rond, mais l’auteure a su développer un scénario qui laisse présager une suite intéressante.

Un sentier à suivre.  

Le Cycle de McGowein (tome 1)

Auteur : YANNICK A. R. FRADIN

L’histoire : Quelque part au Royaume de Dygallie, sur un plateau rocheux, de mystérieux évènements se passent. Léraline, Gardienne de Danarith, se rend sur les lieux pour enquêter. Elle y découvre un étrange guerrier blessé. Ce dernier prétend être arrivé par un portail, après plusieurs années d’errance dans un monde peuplé de créatures cauchemardesques.
Cette histoire invraisemblable prend alors des allures inquiétantes quand des preuves commencent à apparaître. Secondée par les notables du village, et par une fée espiègle, Léraline va devoir démêler le vrai du faux, et décider quoi faire de ce sombre guerrier. 

Extrait :
À plusieurs reprises, elle secoua la tête d’un air consterné, mais s’affaira pour le débarrasser des nombreuses couches de saleté qui le recouvraient. C’était incroyable d’en voir autant réunie sur un seul corps. Méruline n’avait jamais vu quelqu’un d’aussi sale. Elle se demandait même s’il y aurait à un moment donné un bout de peau qui resterait propre.
La fée avait déjà entendu Léraline se plaindre du manque d’hygiène des mâles de son espèce, mais elle n’aurait jamais cru que ce fût à ce point. 

Mon avis :
Une histoire qui se démarque par un soin particulier apporté à l’univers, sans pour autant alourdir l’intrigue. Le rythme est parfois un peu lent (mais pas ennuyant !), les évènements se mettent en place progressivement ce qui laisse au lecteur le temps de s’installer dans l’histoire. 
L’ambiance est particulière, l’auteur a écrit plusieurs contes et sa plume en garde l’empreinte. J’ai trouvé très agréable cette petite note, moins fréquente de nos jours. Avec ces particularités la plume reste pourtant fluide, la lecture s’enchaîne aisément y compris sur des passages au premier abord plus « copieux ». 
Les personnages principaux sont bien construits, la touche d’humour efficace, on est sur un vrai tome 1 qui plante le décor et les premières ramifications de l’histoire.
Malgré un léger souci de redondances, je suis restée accrochée à cette lecture, et ma curiosité est suffisamment piquée pour avoir envie de lire le tome suivant.

Un sentier de fantasy au rythme atypique, mais de qualité.

Les Dragons de l’Impératrice



Auteur : ALICE SOLA

L’histoire : Au coeur de la cité Impériale, la princesse Cruelle fascine autant qu’elle fait trembler. Les apparences sont parfois trompeuses. Comment imaginer qu’elle répand le sang, pour éviter la ruine à son pays ? Son dernier prétendant semble pourtant se douter de quelque chose. Dans l’ombre, pièges et menaces s’activent. Le temps est compté.
De son côté Mulan, connue sous le nom de Général Hua, poursuit sa vie militaire en cachant sa féminité. Tâche qui semble de plus en plus lourde face à la complicité qui la lie au Général Ming.
Lorsque le Fils du Ciel les charge d’une mission cruciale pour l’Empire, elle est loin de se douter des sacrifices qui l’attendent.

Extrait :
  — Vous êtes observateur.
  — Vous êtes un sujet intéressant.
Le prince ne détournait pas les yeux, mais ne lui imposait pas sa volonté non plus. Il était différent de toute personne qu’elle ait connu avant lui. Une autre trempe, un autre bois.
Elle commençait à y croire.
Quelque chose d’étrange, d’indéfinissable passa entre eux. Comme un courant qui aurait emporté leurs esprits loin de leurs corps, les rendant indifférents à tout, sauf à leurs esprits liés
.


Mon avis :
Deux héroïnes fortes, soumises à des épreuves souvent violentes. Que ce soit Turandot, princesse cruelle par nécessité et si courageuse, ou Mulan, que j’ai découverte sous un nouvel angle, on suit leurs chemins respectifs sans prendre garde aux pages qui défilent.
La plume est forte, fluide, riche. De nombreuses créatures mythiques, étranges et dangereuses rôdent dans les coins. La magie, la sorcellerie, les Divinités de tous rangs s’entremêlent dans ce récit qui converge vers un affrontement inévitable contre le Mal.
De la romance en second plan, des dialogues bien dosés, des scènes qui se visualisent parfaitement, quatre personnages qui sortent du lot : beaucoup d’éléments qui m’ont immédiatement fait plonger dans l’univers d’Alice Sola.
J’ai un tout petit regret sur la fin que je trouve presque trop abrupte, mais cela reste une très belle découverte !

Un sentier qui va vous faire voyager, une fusion entre la culture chinoise et l’Opéra de Puccini.

Ps : attention certaines scènes peuvent heurter les personnes très sensibles.