Le Lieutenant et la Dame blanche



Auteur : CORALIE WINKA

L’histoire :
Novembre 1942. Angélique a dix-sept ans. Seule avec sa grand-mère malade, épuisée par les tâches de la ferme, elle doit en plus faire face aux Allemands qui viennent s’installer dans le secteur. Alors qu’elle devrait basculer dans la haine, son seul secours lui vient d’un officier ennemi, Ulrich von Brackenstein. Irréprochable et charismatique, ce dernier perturbe les convictions de la jeune fille.
Une simple partie d’échecs les entraînera sur un chemin lourd de conséquences…


Extrait :
Brusquement elle ne parvint plus à penser clairement. Après toute l’angoisse des mois et des semaines passées, l’absence de son père et de son frère, le dur labeur à la ferme et les privations, il lui semblait apercevoir une infime lueur d’espoir à travers ce geste anodin. Tout à coup, elle se sentit si lasse. Incapable de réagir. De penser. C’était si bon de plonger son regard dans celui de cet homme. Lâcher prise. Se laisser aller. Tout oublier. Ne penser à rien et se laisser happer par ce regard aussi glacial que ce jour de novembre.
— Vous ne vous sentez pas bien, mademoiselle ?

 

Mon avis :
Une histoire où la romance débute immédiatement et prend le premier plan, avec une trame historique bien documentée. La plume est légère, facile à lire. Le rythme est plus lent au début, avec une accélération sur la deuxième partie où les évènements se précipitent davantage.
On s’attache assez facilement au couple principal : Angélique dégage de la douceur, et une innocence parfois d’enfant malgré son caractère entier. Sous son uniforme Ulrich cache une âme idéaliste et poétique.
C’est l’histoire d’une jeunesse perdue dans une époque sombre, celle des conflits de valeurs et de sentiments. À qui ou à quoi doit-on être loyal ? Et à quel prix ?

Personnellement j’ai plus apprécié la seconde partie du roman, avec les épreuves qu’Ulrich et Angélique doivent affronter chacun de leur côté. Et derrière la romance, j’ai découvert des faits historiques tragiques, comme le destin de la ville du Portel.

Amateurs de romance et d’amour impossible, venez vous perdre dans ces pages…

Les Larmes de la déesse Maorie

Auteur : SARAH LARK

L’histoire : Nouvelle Zélande 1899. Kevin Drury se porte soudainement volontaire pour se rendre en Afrique du Sud déchirée par la guerre des Boers. Un départ qui bouleverse Roberta, secrètement amoureuse du séduisant médecin. Elle s’engage sur ses traces, espérant avoir une chance de le retrouver et peut-être d’exister à ses yeux.
Pendant ce temps Atamarie est la première femme – de surcroît d’origine maorie- à être admise à l’université de Christchurch pour y suivre des études d’ingénieur. Une aubaine pour elle qui, depuis l’enfance, est fascinée par le ciel et rêve de construire des machines volantes. Le destin met sur sa route un jeune homme passionné de mécanique et poursuivant le même but. Cependant son tempérament étrange et exalté semble dissimuler autre chose. Sourde aux rumeurs et mises en garde, Atamarie s’entête à rester à ses côtés.

Extrait: Vincent se dirigea en souriant vers l’armoire où Kevin conservait son whisky.
— Il n’y a pas le feu ! D’ici mon départ, la pluie aura cessé. « Doortje », as-tu dit ? Ce n’est plus « miss Doortje » ni « miss Van Stout » ? Ai-je manqué quelque chose ?
Kevin accepta un verre de whisky.
— Disons que les choses avancent, admit-il. Ou qu’elles avaient avancé. Car à présent… À présent tout est terminé.
Vincent but une gorgée, l’air également mélancolique.
— Oui, dit-il à son tour. Nous allons rentrer chez nous d’ici quelque temps. Et les infirmières…
— Tu veux dire l’institutrice, le coupa Kevin avec un clin d’oeil.
— Oui, soupira Vincent, je crains que cela ne se lise sur mon visage. En tout cas, je ne crois pas que miss Fence rentrera avec un transport de troupes. D’autant qu’on va encore avoir besoin d’institutrices. Il faut bien que les enfants apprennent l’anglais. Elle va se retrouver je ne sais où et, dès qu’elle ne me verra plus, elle m’oubliera.
Kevin vida son verre d’un trait.
— Doortje ne m’oubliera pas. Mais elle va de nouveau me haïr. On peut se demander ce qui est le pire.


Mon Avis :
Si vous ne connaissez pas la série de Sarah Lark qui se déroule en Nouvelle Zélande je vous la conseille fortement !
Des héroïnes de caractère, hautes en couleur, des personnages étoffés se débattant avec la complexité des émotions humaines, des paysages qui font voyager : bref du bonheur.
Et c’est une façon originale de découvrir un peu l’histoire de la Nouvelle Zélande en trame de fond (personnellement avant cette série j’avais quelques clichés en tête et je me suis rendue compte que j’étais très très loin de la vérité !)
Si vous aimez les sagas familiales où les générations se suivent (et les secrets vont et viennent) alors vous êtes au bon endroit.
Je vous conseille cependant de commencer par le premier tome ( Le Pays du Nuage Blanc) sinon vous allez rater une bonne partie des liens entre les personnages.

Dans ce roman en particulier l’histoire quitte en partie la Nouvelle Zélande pour s’aventurer en Afrique du Sud pendant la guerre des Boers. Les évènements se déroulent principalement avec la dernière génération des personnages de la série, mais l’on retrouve avec plaisir ceux du tome précédent qui n’ont pas fini leurs épreuves.
Le tout avec une plume fluide, agréable qui laisse les pages se tourner sans qu’on y trouve le temps long.

J’ai beaucoup aimé ma lecture même si je garde un coup de coeur pour les premiers tomes où tout était à découvrir ^^.
Je vous souhaite un bon voyage sur un sentier loin d’ici.

Les Mille Vies d’Irena

Auteur : TILAR J.MAZZEO

L’histoire : Irena Sendler, jeune polonaise passionnée et idéaliste, travaille au département de protection maternelle et infantile de Varsovie. Pas vraiment heureuse en ménage, elle s’investit d’autant plus pour aider les autres. Mais de sombres évènements se profilent et le ghetto de Varsovie est créé. Irena compte de nombreux amis juifs. Les trains de « relocalisation » emmènent chaque jour des milliers d’individus vers la mort. Irena et quelques alliés s’acharnent à sauver les enfants juifs du ghetto.
C’est une course dans l’ombre, contre le temps. Le chemin est rempli de risques, de sacrifices, de mensonges et trahisons mais aussi de confiance, d’espoir, de solidarité et d’un immense courage.

Extrait:  Après l’avoir allongée dans une caisse à outils en bois, Irena l’enveloppe fermement dans une couverture, en s’assurant qu’elle a assez d’air pour respirer, puis elle referme le couvercle et fait pivoter le petit crochet de sécurité. Une fois dehors, Henryk glisse adroitement la caisse entre deux piles de briques entassées sur la plate-forme de son camion. Grâce à son patron, la dernière recrue du réseau dispose d’un laissez-passer. Irena s’installe sur le siège passager, Henryk lui adresse un sourire crispé et le véhicule démarre péniblement. La jeune femme s’inquiète à l’idée que les tas de briques puissent s’effondrer sur la caisse à outils. 

Mon Avis :
Ce livre m’a beaucoup marqué : comment une jeune assistante sociale polonaise n’hésita pas à mettre sa vie en jeu afin de sauver des enfants juifs du ghetto de Varsovie.
Issue de faits réels l’histoire d’Irena, son sens de la justice, et sa persévérance dans un univers qui plonge peu à peu dans l’horreur est une leçon de courage, une héroïne qui se dévoile juste par ses actes.
Jusque dans sa vie personnelle elle a affronté des obstacles qui auraient pu en décourager plus d’un.
La plume est agréable, le style est plus documenté par moments que romancé. Et dans un certain sens ce n’est pas plus mal car certaines violences n’ont pas besoin de détails pour me donner mal au ventre.
Ps : pour les personnes très sensibles cette lecture peut être difficile.

En voyant ce livre je repense toujours à une chanson de Jean Jacques Goldman :
On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou le plus beau?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau

S’il fallait plus que des mots?