Pachinko


Auteur : MIN JIN LEE

L’histoire : Début des années 1930. Dans un petit village coréen, la jeune Sunja se laisse séduire par les belles paroles et tendres attentions d’un riche étranger. Lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte et que son amant est déjà marié, elle est confrontée à un choix : devenir, comme tant d’autres jeunes femmes dans sa situation, une seconde épouse, « une épouse coréenne » ou couvrir sa famille de déshonneur. Elle choisira une troisième voie : le mariage avec Isak, un pasteur chrétien qu’elle connaît à peine et qui lui offre une nouvelle existence au Japon.
Cette décision est le point de départ d’un douloureux exil qui s’étendra sur huit décennies et quatre générations.
 

Extrait : Personne ne devrait espérer des compliments, et encore moins une femme, mais, petite fille, elle avait été chérie comme un trésor, rien de moins. Elle avait fait le bonheur de son père et voulait que Noa connaisse ce sentiment. Elle remerciait Dieu pour chaque cheveu de ses garçons. Les jours où il semblait impossible de passer un instant de plus dans la maison de son beau-frère, de travailler toute la journée jusque tard dans la nuit, et de se réveiller à l’aube pour aller livrer un repas à la prison pour son mari, Sunja pensait à son père, qui ne lui avait jamais adressé le moindre reproche. Il lui avait appris que les enfants étaient un trésor, et ses garçons étaient le sien.
 

Mon avis : une lecture addictive, fluide et imprégnée de valeurs fortes. Une plume qui mélange la réalité sans fard avec une forme de pudeur. Vous ne trouverez pas de « sensationnalisme » ou mélodrame excessif dans ces pages, malgré des évènements difficiles.
Cette sobriété permet de révéler toute la puissance du récit. À travers le destin et les choix d’une famille, j’ai découvert une partie de l’Histoire. Le livre a beau paraître épais, j’ai plongé sans souci dans la trame et les pages ont défilé à toute vitesse.
Une lecture qui m’a apporté émotions et réflexions.

Un sentier à prendre sans hésitation !

La Bibliothèque des coeurs cabossés



Auteur : KATARINA BIVALD

L’histoire : Été 2011, une touriste suède arrive à Broken Wheel dans l’Iowa. Souris de bibliothèque, Sara vient rencontrer Amy avec qui elle a tissé une amitié épistolaire. Cependant rien ne se passe comme prévu, et la voilà coincée pour deux mois dans une ville presque déserte, au milieu des champs de maïs. Rude épreuve pour la jeune femme, habituée à vivre dans ses livres.
Face aux personnages atypiques qui végètent dans la ville, elle est persuadée que la lecture peut changer les choses. Ce qui est sûr c’est qu’elle ne s’attendait pas à certains résultats.

Extrait : Annie May choisit ce moment pour se faufiler à l’intérieur de la boutique. Elle se fraya un chemin jusqu’au comptoir. Les habitants de Hope s’écartèrent gentiment sur le passage de cette vieille dame, ce qui impliqua malheureusement qu’ils se retrouvèrent amassés autour d’elle, tournés vers Sara, lorsqu’elle se pencha en avant et demanda dans un chuchotement que tout le monde entendit :
— Excusez-moi, je voudrais des … romans d’amour.
Elle regarda autour d’elle, se pencha encore davantage et dit tout aussi fort :
— Rien d’indécent, bien sûr.
Puis elle ajouta, pleine d’espoir :
— Avez-vous des Harlequin ?
 


Mon avis : une histoire étrange, qui sent la poussière d’été et celle des bibliothèques. Dans cette ville étouffée par l’ennui, où il ne se passe rien, le personnage principal se décrit lui-même comme transparente et fade. On finit par se demander comment une histoire peut démarrer dans un tel univers. Et pourtant quelque chose s’éveille, quelque chose d’atypique, d’un peu déconcertant et de doux. Une photo jaunie qui reprendrait des couleurs. Je l’ai surtout lue pour l’ambiance plus que pour le scénario, bien qu’on s’attache aux personnages et à leurs blessures cachées.
Une romance en trame de fond, des notes d’humour, et une jeune femme qui disperse des petites éclaircies à travers des livres. Un mélange qui nous donne l’impression d’une histoire entre parenthèses.