La Bibliothèque des coeurs cabossés



Auteur : KATARINA BIVALD

L’histoire : Été 2011, une touriste suède arrive à Broken Wheel dans l’Iowa. Souris de bibliothèque, Sara vient rencontrer Amy avec qui elle a tissé une amitié épistolaire. Cependant rien ne se passe comme prévu, et la voilà coincée pour deux mois dans une ville presque déserte, au milieu des champs de maïs. Rude épreuve pour la jeune femme, habituée à vivre dans ses livres.
Face aux personnages atypiques qui végètent dans la ville, elle est persuadée que la lecture peut changer les choses. Ce qui est sûr c’est qu’elle ne s’attendait pas à certains résultats.

Extrait : Annie May choisit ce moment pour se faufiler à l’intérieur de la boutique. Elle se fraya un chemin jusqu’au comptoir. Les habitants de Hope s’écartèrent gentiment sur le passage de cette vieille dame, ce qui impliqua malheureusement qu’ils se retrouvèrent amassés autour d’elle, tournés vers Sara, lorsqu’elle se pencha en avant et demanda dans un chuchotement que tout le monde entendit :
— Excusez-moi, je voudrais des … romans d’amour.
Elle regarda autour d’elle, se pencha encore davantage et dit tout aussi fort :
— Rien d’indécent, bien sûr.
Puis elle ajouta, pleine d’espoir :
— Avez-vous des Harlequin ?
 


Mon avis : une histoire étrange, qui sent la poussière d’été et celle des bibliothèques. Dans cette ville étouffée par l’ennui, où il ne se passe rien, le personnage principal se décrit lui-même comme transparente et fade. On finit par se demander comment une histoire peut démarrer dans un tel univers. Et pourtant quelque chose s’éveille, quelque chose d’atypique, d’un peu déconcertant et de doux. Une photo jaunie qui reprendrait des couleurs. Je l’ai surtout lue pour l’ambiance plus que pour le scénario, bien qu’on s’attache aux personnages et à leurs blessures cachées.
Une romance en trame de fond, des notes d’humour, et une jeune femme qui disperse des petites éclaircies à travers des livres. Un mélange qui nous donne l’impression d’une histoire entre parenthèses. 

Konbini

Auteur : SAYAKA MURATA

L’histoire : Keiko Furukura ne trouve pas sa place. En décalage avec les autres depuis son enfance, elle finit par travailler dans un konbini (supérette) à 18 ans. Sauf qu’à 36 ans elle y est toujours. Et ça ce n’est pas forcément bien vu par son entourage. L’arrivée de Shiraha dans le konbini vient perturber son univers. Ces deux personnages en marge de la société mettent au point un arrangement pour le moins étrange.
Mais pour paraître « normal » jusqu’où faut-il aller ?

Extrait : Quand j’ai commencé ce petit boulot, j’ai très tôt remarqué que les employés éprouvaient un certain plaisir à se trouver des frustrations communes, qu’il s’agisse des colères du gérant ou de l’absentéisme des collègues de nuit. L’insatisfaction générale fait naître une curieuse solidarité. Tout le monde se réjouit de mon coup de sang.
Ah, j’ai bien joué mon rôle d' »humain », me dis-je en observant les réactions de mes deux camarades.



Mon avis
: un texte vraiment particulier ! J’ai eu le sentiment de rentrer dans une bulle, de partager pendant ces pages l’intimité et les pensées de quelqu’un d’autre. D’avoir un autre regard sur la société à travers une mentalité différente.
C’était un peu déconcertant mais très intéressant. Le fait que l’histoire se passe au Japon est aussi dépaysant, la culture n’est pas la même mais l’on retrouve des traits communs à notre société. La plume est fluide, les personnages principaux intrigants et on est loin de l’idée de la romance entre deux personnes isolées !

Bref une histoire à part que je vous conseille de lire si vous voulez changer de peau pendant quelques pages, ou découvrir un sentier assez atypique.