Le Réseau Alice



Auteur : KATE QUINN

L’histoire : Angleterre, 1915. Eve Gardiner, est recrutée comme espionne. Envoyée dans le Nord de la France, sous domination allemande, elle est formée par l’intrépide Lili, nom de code : Alice. Chaque jour elles luttent à leur façon contre l’ennemi, au péril de leur vie.
Trente ans plus tard, hantée par la trahison qui a provoqué le démantèlement du réseau Alice et la mort de Lili, Eve, devenue alcoolique, vit recluse.
Jusqu’au jour où une jeune américaine vient taper à sa porte pour lui demander de l’aider à retrouver sa cousine, disparue en France pendant la dernière guerre. Un nom ressort de l’ombre : Le Léthé.
Pour Eve c’est une lueur d’espoir….celle de la revanche.

Extrait :
— Le capitaine Cameron penserait-il vraiment cela de moi ?
— Peut-être pas, c’est un « decent chap » comme vous autres, Anglais, aimez le dire. Mais j’ai entendu d’autres officiers anglais parler ainsi de femmes comme nous.
    Eve étouffa un nouveau juron. Jurer, comme fumer, devenait plus facile. Sa chef de réseau la dévisageait d’un regard énigmatique. Exprimait-il du pragmatisme ? Du chagrin ? De la fierté ? Elle aurait été incapable de le dire.
— C’est ainsi, reprit-elle, non sans tristesse. C’est vraiment un sale métier, ne trouvez-vous pas ?

 

Mon avis : une lecture très fluide, j’ai plongé directement dans l’histoire malgré le petit temps d’adaptation car le récit oscille entre deux époques. Cette alternance permet justement de lever un peu la pression : les passages relatant la vie d’espionne de Eve sont souvent intenses et difficiles (âmes sensibles attention, cf TW à la fin). J’ai surtout été impressionnée par le personnage de Lili, qui a réellement existé en la personne de Louise de Bettignies.
La romance qui se situe dans la partie plus « moderne » de l’histoire ne m’a pas dérangée, elle apporte un souffle plus léger qui en séduira certains (pour ma part j’ai préféré la partie « historique », qui m’a plus happée malgré sa noirceur).
Certains évènements secondaires sont restés dans le flou, j’aurais aimé plus de détails sur quelques points. Cependant le roman est déjà dense (650 pages), tout développer aurait été compliqué.

Au final une bonne lecture, un sentier qui m’a émue et donné l’envie de découvrir d’autres héros/héroïnes de l’ombre, de leur redonner une place à la lumière.

TW : torture, avortement, violences. 

La Couleur des Nébuleuses



Auteur : AMANDINE PETER

L’histoire : Voie lactée, 2198.
Les Nébuleuses, ces particules aux propriétés miraculeuses, font l’objet d’un conflit religieux depuis leur apparition providentielle dans la galaxie.
Ani, une fidèle intouchable, s’apprête à entrer dans l’ordre du Nébularium. Alors que tout les oppose, elle et Storm, mystérieux commandant de la Maraudeuse, se retrouvent malgré eux au coeur d’une ancienne rumeur qui pourrait bien menacer une paix déjà fragile.

De créatures-vaisseaux en planètes fantastiques, entre rêve et cauchemar, leur quête de vérité bouleversera leurs certitudes et lèvera le voile sur des secrets enfouis depuis bien trop longtemps…

Extrait :
— Je savais que j’avais oublié un détail important… j’aurais sans doute dû commencer par ça, en fait. J’ai mentionné le fait que la Maraudeuse était un bionef, hein ?
Je hoche la tête.
— Bon c’est plus compliqué que ça, en vrai. Elle a du caractère, et parfois même… le sens de l’humour disons. Les pods sont interchangeables, ils sont montés sur rails, et elle s’amuse à changer la disposition des cabines de temps à autre. Va falloir t’attendre à perdre un peu tes repères. Nous, on est habitués. Quoique, l’autre jour, Cicero a bien failli passer la nuit dans le couloir.
 


Mon avis : J’ai été impressionnée par l’imagination prolifique de l’auteure au niveau des décors, planètes, espèces etc. Les descriptions sont superbes, j’ai visualisé parfaitement ces lieux imaginaires. Une explosion de couleurs et sans alourdir le rythme de lecture.
Ce dernier est d’ailleurs trépidant avec une narration au présent: les évènements s’enchaînent très vite (presque trop, j’aurais aimé passer plus de temps à certains endroits, m’attarder en compagnie de certains personnages) mais le fil directeur se suit sans problème, la lecture est fluide.
J’ai également apprécié l’ambiance qui mêle aventure, intrigue, humour, quelques passages difficiles (attention aux âmes très sensibles), et un soupçon de romance.
Je me suis plus attachée à l’équipage de la Maraudeuse, comme c’est ceux qu’on voit le plus souvent. L’héroïne, qui aspire au début à une vie simple, se retrouve avec le destin (et l’envie) de sauver l’univers. Mais derrière ce cliché je perçois une ambivalence, une psychologie qui se construit dans la tourmente avec un profond désir de reconnaissance, d’appartenance.
J’ai hâte de savoir si mon intuition est la bonne, le tome 2 vient de sortir !

Au final, un sentier qui m’a clairement déconnectée du quotidien, c’était un très bon moment de lecture. Pour ceux qui aiment les histoires dynamiques n’hésitez pas ! 

Les Saisons de la Tempête

Auteur : ELLE COSIMANO

L’histoire : Aux portes de la mort, Jack se retrouve face à un choix. Devenu une entité physique de l’Hiver, il fait maintenant partie d’un cycle perpétuel. Chaque année, une Saison tue l’autre pour prendre sa place. Pris au piège du système, soumis à un classement macabre, Jack survit. Jusqu’au jour où il tombe amoureux de Fleur, la Printemps chargée de l’éliminer. Leur seule chance c’est de sortir de la boucle. Au risque de mourir, et cette fois-ci pour de bon.


Extrait : Être avec Noëlle était une option sûre. Nous étions pareils. C’était permis. Mais l’embrasser me faisait me sentir démuni, comme si j’avais abandonné l’idée de vouloir autre chose. Comme si j’avais rejoint la Garde de Chronos. Tout dortoir qui a besoin de Gardes n’est en réalité qu’une prison. Et après l’Annihilation dont j’ai été témoin hier, je préfèrerais encore manger l’écusson de Chronos que de lui jurer fidélité.
 


Mon avis : Il y a de très bonnes idées, j’ai beaucoup aimé ce concept de saisons réincarnées. L’histoire est dynamique (avec une narration au présent), on est plongé très rapidement dans l’action. La lecture est fluide mais j’ai ressenti une petite frustration à courir sur les talons des personnages, sans avoir le temps d’appréhender plus finement les dessous des cartes, de profiter un peu plus de l’univers. Cette rapidité a aussi limité l’attachement que j’aurais pu ressentir pour certains personnages, ce qui a diminué l’émotion de certaines scènes.
Il reste des petites questions en suspens (peut-être qu’elles trouveront leurs réponses dans le tome 2). Et j’ai parfois tiqué sur de légers points (mini-incohérences ou détails confus ?) : je me demande si cela est dû à la traduction. Pour la première fois je regrette de ne pas savoir lire en VO, j’aurais pu comparer ces petites nuances.
Malgré ces remarques, ce fut un bon moment de lecture (surtout la première partie) grâce à l’imagination riche de l’auteure.