Pachinko


Auteur : MIN JIN LEE

L’histoire : Début des années 1930. Dans un petit village coréen, la jeune Sunja se laisse séduire par les belles paroles et tendres attentions d’un riche étranger. Lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte et que son amant est déjà marié, elle est confrontée à un choix : devenir, comme tant d’autres jeunes femmes dans sa situation, une seconde épouse, « une épouse coréenne » ou couvrir sa famille de déshonneur. Elle choisira une troisième voie : le mariage avec Isak, un pasteur chrétien qu’elle connaît à peine et qui lui offre une nouvelle existence au Japon.
Cette décision est le point de départ d’un douloureux exil qui s’étendra sur huit décennies et quatre générations.
 

Extrait : Personne ne devrait espérer des compliments, et encore moins une femme, mais, petite fille, elle avait été chérie comme un trésor, rien de moins. Elle avait fait le bonheur de son père et voulait que Noa connaisse ce sentiment. Elle remerciait Dieu pour chaque cheveu de ses garçons. Les jours où il semblait impossible de passer un instant de plus dans la maison de son beau-frère, de travailler toute la journée jusque tard dans la nuit, et de se réveiller à l’aube pour aller livrer un repas à la prison pour son mari, Sunja pensait à son père, qui ne lui avait jamais adressé le moindre reproche. Il lui avait appris que les enfants étaient un trésor, et ses garçons étaient le sien.
 

Mon avis : une lecture addictive, fluide et imprégnée de valeurs fortes. Une plume qui mélange la réalité sans fard avec une forme de pudeur. Vous ne trouverez pas de « sensationnalisme » ou mélodrame excessif dans ces pages, malgré des évènements difficiles.
Cette sobriété permet de révéler toute la puissance du récit. À travers le destin et les choix d’une famille, j’ai découvert une partie de l’Histoire. Le livre a beau paraître épais, j’ai plongé sans souci dans la trame et les pages ont défilé à toute vitesse.
Une lecture qui m’a apporté émotions et réflexions.

Un sentier à prendre sans hésitation !

Terre Noyée : Les Veilleurs (tome 2)

Auteur : ILÉANA MÉTIVIER

L’histoire : Grâce à ses amis, Annaëlle a réussi de justesse à échapper aux membres de l’Élite. Mais comment se cacher sur une île ? Séparés, ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne soient dénoncés. Au bout du chemin, la mort rôde. Jouant le tout pour le tout, ils décident de dévoiler certains secrets de l’Élite aux Capitalians.
Lorsqu’une ancienne connaissance devient une lueur d’espoir, Annaëlle est un pont fragile entre deux mondes. Au moment où le système s’apprête à basculer, un doute grandit : et si Capitalia n’était pas le dernier îlot de l’humanité ?


Extrait : Mon pied buta sur quelque chose et je m’allongeai de tout mon long. Ma poitrine, puis mon menton encaissèrent le choc, amorti par un tapis de feuilles mortes. Incapable de reprendre mon souffle et étourdie, je restai étalée plusieurs secondes. Assez pour que les feuilles, soulevées par de fines pousses, commencent à me recouvrir. La fée oeuvrait.
Un coup d’oeil derrière moi me permit de voir le toit de la vieille bâtisse. J’étais près. Désespérément trop près de mes ennemis. Comme pour me donner raison, la porte d’entrée claqua. Je m’aplatis le plus possible, plongeai mes mains entre les couches d’humus jusqu’à toucher des racines, puis enfouis mon visage pour me laisser engloutir par les feuilles mortes.
 


Mon avis : J’ai bien aimé retrouver cet univers particulier, et en découvrir plus sur Capitalia. Des personnages secondaires sortent de l’ombre, d’autres se dévoilent sous un nouveau jour (avec une préférence pour Zéa 😉 ). Le rythme est assez dense, les évènements s’enchaînent sans pour autant gêner la plume qui reste fluide.
De même que pour le premier tome, je suis surtout attirée par l’intrigue et l’ambiance dystopie-écologie-fantasy. Si la romance ne m’a pas dérangée, elle plaira sûrement davantage à ceux qui aiment le Young Adult.
La fin est frustrante, clôturant un chapitre riche en actions, je me pose forcément plein de questions sur le prochain tome.
Ce deuxième tome a été un bon moment de lecture, je craignais que cela ne finisse par tourner en rond, mais l’auteure a su développer un scénario qui laisse présager une suite intéressante.

Un sentier à suivre.  

Community



Auteur : LUNA JOICE

L’histoire : 3006. La Terre a été pacifiée grâce à Community, une technologie révolutionnaire qui permet à l’homme de communiquer par télépathie. L’égoïsme mis de côté au profit de la collectivité, conflits et inégalités appartiennent désormais au passé. Passionnée par les étoiles, Lyah est une jeune femme dotée d’une profonde soif de connaissances, qui la pousse à se poser beaucoup de questions sur le monde qui l’entoure. Bien plus que tous ceux qu’elle connaît… Pourquoi les humains ont-ils désormais interdiction de se toucher ? Pourquoi ne peut-elle pas choisir elle-même sa future Assignation ? Et pourquoi certaines bases de données lui sont-elles inaccessibles ? Tandis qu’elle exhume secret après secret sur la société aseptisée dans laquelle elle vit, une interrogation grandit dans son esprit. Pour Community, à quoi l’humanité a-t-elle renoncé ?

Extrait :
Isaak paraît étonné mais ne refuse pas. J’en profite pour discuter avec lui de son nouveau travail en tant que Cultivateur. Il me détaille sa journée, et cela me soulage un peu qu’il y mette tant de passion : je tiens à éviter qu’il ne rebrousse chemin sans moi pour aller déterrer ce que j’ai enfoui… Je réponds le strict minimum pour entretenir la conversation, mon esprit revivant en boucle ce qui vient de se passer. Mon ami n’a rien entendu, mais moi, si. J’ai crié. Il m’ a effrayée, et j’ai hurlé. Cela ne m’était jamais arrivé.
Je comprends ce que disait Athia à mon réveil au sujet de mes sens. Ils sont décuplés, au delà même de ce que j’imaginais possible. Si la parole m’est désormais accessible, quels autres secrets recèle Community 2.0 ?



Mon avis :
Une plume addictive, un univers futuriste travaillé : j’ai beaucoup apprécié le soin apporté dans les détails du quotidien. Les pages s’enchaînent, on découvre peu à peu les dessous de cette nouvelle humanité télépathique « unie », ainsi que les failles du sytème créé par Community. J’ai plongé rapidement dans l’ambiance.
J’ai juste un léger regret pour la fin qui, pour moi, s’emballe en un virage sec, et rompt un peu le rythme de base de l’intrigue, même si le fil directeur tient la route. Malgré ce cap, cela reste un très bon moment de lecture.
Ce roman a reçu le Prix Bernard Werber 2020, ayant lu pas mal de livres de cet auteur j’y ai retrouvé des thématiques communes, même si certaines sont abordées sous un autre angle.

Si l’humanité entière pouvait communiquer par la pensée, quel sentier prendrions-nous ?